Les différents symboles tibétains et leur signification dans le bouddhisme

Le Dorjé vajra tibétain

Ce mot signifie "foudre" et "diamant". Cet instrument lithurgique est utilisé dans les rituels tibétains, il symbolise les méthodes et moyens habiles mis en oeuvre pour atteindre l'Eveil, alors que la Cloche signifie la Sagesse. 

Le Vajra symbolise "une détermination indomptable à atteindre l'Eveil qui peut détruire toutes les illusions.

La forme du dorjé tibétain est symétrique, les deux têtes pyramidales représentant le samsara et le Nirvana, lesquels s’annulent en son centre grâce à l’anneau de la Vacuité.

Posséder un dorjé bouddhiste chez soi aurait des vertus positives contre les attaques diverses que nous subissons.

Les extrémités composées de rayons à cinq branches symbolisent les cinq sagesses. Les branches opposées se rejoignent en un grain central qui représente à la fois le germe de l'esprit et le coeur de l'univers.

Lorsque les branches sont évasées au bout, on parle de vajra de sagesse courroucée.

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Le Om tibétain

Le Om ou Aum est une syllabe que l’on retrouve dans plusieurs religions. Elle est le son primordial de l’univers, ce par quoi tout le reste aurait pris forme.

  •        Le A représente la naissance, le début, le commencement du Créateur
  •        Le U est la continuité de la vie
  •        Le M représente la mort et la fin du créateur.

Le symbole Om est très présent dans le bouddhisme et l’hindouisme où elle est considérée comme une syllabe sacrée. Il est la source de l’existence manifestée.

La plupart des mantras tibétains démarre par ce « om » qui n’a pas de véritable traduction. Il est juste un point d’entrée de la manifestation du mantra.

Le plus célèbre de ces mantras est celui de Chenrezi, Bouddha de la Grande Compassion, et son OM MANI PADME HOUM qui signifie « le joyau dans le lotus ».

Chez les bouddhistes, le OM appartient à l’éther, c’est-à-dire le commencement, le tout, la lumière et le son primordial.

Chez les kabbalistes, le OM correspond à Kéther qui est le point de départ des Séphiroths.

On pourrait également s'intéresser au nombre 3 qui sont le nombre de lettres composant la syllabe AUM, chiffre symbolique de la création, la trinité selon les catholiques, l'air, l'eau et le feu qui engendrent la terre etc.

Comment prononcer le Om tibétain ?

Ce son est guttural, il doit être exprimé avec le fond de la gorge, la langue étant abaissée afin de faciliter d’élargir l’espace de la bouche et laisser s’amplifier cette syllabe.

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Le mala tibétain bouddhiste

Le mala tibétain est un rosaire de 108 perles utilisé pour la récitation des mantras. On le trouve avec ou sans compteurs. 

Utilisation du mala tibétain bouddhiste à 108 perles

Selon les textes anciens du Vajrayana et plus précisément ceux du Gourou Rimpotché, chaque Mala servirait plus précisément une pratique, en voici quelques exemples : 

  • Le Mala en graines de Bodhi est le seul adapté à toutes les pratiques.
  • Le Mala en coquillage, terre, graine ou bois est davantage adapté aux pratiques de méditation.
  • Le Mala en perles de Dzi peut remplacer n’importe quelle pierre.
  • Le Mala en cristal de Roche est utilisé pour la pratique des purifications. 
  • Les malas tibétains réalisés avec plusieurs pierres différentes sont déconseillés car, au-delà d’un aspect réjouissant pour l’œil, le résultat de la pratique pourrait s’avérer aussi mitigé que la diversité des perles !

Selon certains textes anciens, certains malas démultiplieraient le karma, les malas en graines multiplieraient le karma positif par 20 millions, ceux en perles le multiplierait par 100 millions.

Avant toute utilisation, il est conseillé de faire bénir son mala par un moine ou un lama, et si cela n’est pas possible immédiatement, tout au moins le bénir soi-même afin de l’imprégner de notre propre énergie et au moyen d’un mantra.

N’utilisez pas de mala qui ne possède pas les 108 perles, ni un mala abîmé, ni un mala ayant appartenu à quiconque. Un mala est un objet bouddhiste très personnel qui ne doit pas être prêté.  

Le chiffre 108 et sa symbolique

  • Selon les textes anciens, il existerait 108 lignes d’énergie qui mènent au chakra du cœur.
  • La religion hindoue est composée de 108 textes sacrés.
  • Selon la religion bouddhiste, il existe 108 vertus à cultiver et 108 travers à éliminer. Ils se décomposent en 36 sentiments relatifs au présent, 36 relatifs au passé et 36 relatifs au futur.
  • Au regard de l’illumination, Bouddha aurait traversé 108 épreuves avant de s’éveiller.
  • Le chiffre 108 a encore bien d’autres significations.

Le compteur pour mala tibétain s'utilise comme un boulier ; à chaque fois qu'on a égrené 108 perles, donc récité 108 mantras, on avance une perle. Lorsqu'on a fait 10 fois le tour, on a donc avancé les 10 perles des dizaines, on peut avancer 1 perle des centaines. Lorsqu'on a fait 20 fois le tour, on avance une deuxième perle des centaines etc.

Comment utiliser un mala de prières ?

  • Dans le cas d'un mala tibétain simple (sans compteur), il convient de l'égrener tout en récitant des mantras. Un mantra bouddhiste équivaut à une perle. Une fois les 108 perles du mala égrenées, on recommence depuis le début, le nombre de fois que l'on s'est fixée.
  • Dans le cas de malas tibétains avec compteur, il y a deux possibilités :
  • soit il s'agit de compteurs simples - c'est-à-dire une perle de couleur différente intercalée toutes les 36 perles. Dans ce cas, la perle donne juste un point de repère sur le mala.
  • soit votre mala de prières est muni de deux compteurs, il faut procéder différemment. Les compteurs de malas bouddhistes sont composés de 10 petites perles (en métal ou autre). Il y a donc 20 perles au total, 10 pour le compteur des dizaines, 10 pour le compteur des centaines. On peut également rajouter un compteur pour les milliers.

Il existe des pinces à compteurs de malas éventuellement pour faciliter la tâche et maintenir les perles ensemble.

 

Comment purifier un mala bouddhiste ?

  • Si son utilisation est correcte, c’est-à-dire si le mala bouddhiste sert à réciter des mantras bouddhistes, alors il ne prendra aucune charge autre que votre intention bienveillante. De ce fait, il n’a pas besoin d’être purifié.
  • Si vous utilisez votre mala de prières comme collier ou le laisser dans un espace où circulent de nombreuses énergies, vous pouvez être amenés à le purifier en effet.
  • Si votre mala tibétain est en pierres naturelles, vous pouvez purifier selon la méthode préconisée pour le type de pierres. Nous avons classé dans la rubrique choix par pierres  les méthodes de nettoyage et purification des minéraux selon la pierre qui compose le mala de prières tibétain.
  • Si votre mala est en bois, ou graines de bodhi, ou os de buffle, vous pouvez le purifier directement à la fumée de l'encens.

L'idéal étant de temps en temps, si vous le pouvez, de présenter votre mala tibétain à votre lama ou maître afin qu'il le purifie plus profondément !


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Le moulin à prières tibétain

Qu'est-ce qu'un moulin à prières ?

Un moulin à prières (mani korlo en tibétain) est un objet culturel utilisé par les Tibétains pratiquant le bouddhisme.

Le moulin à prières traditionnel se compose d'un cylindre rempli de mantras qui tourne librement autour d'un axe.

Le fait de faire tourner un moulin à prières permet de libérer l'énergie positive accumulée dans les mantras qu'il contient. Une seule rotation permet de lire autant de formules sacrées (ou mantras) que plusieurs heures de récitation.

Le moulin à prières tibétain à, de ce fait, la même valeur spirituelle que de réciter la prière du mantra, la prière étant censée se répandre ainsi dans les airs comme si elle était prononcée.

Les moulins à prières souvent disposés en longues séries sont mis en mouvement l'un après l'autre par le fidèle qui passe devant eux. Le fidèle déplace les moulins à prières avec sa main droite. Et le moulin à prières doit être tourné dans le sens des aiguilles d'une montre, afin que le mantra soit lu dans le sens où il a été écrit.

Nous proposons sur Eveil Oriental trois types de moulins à prières

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Le noeud infini tibétain ou noeud sans fin

Dans le bouddhisme tibétain, le nœud sans fin est un symbole d'amour et de l'interdépendance des phénomènes. C’est ainsi que chacune de nos actions entraîne des réactions et ceci, à l’infini.

Le nœud infini représente donc une connexion entre le passé et le futur, le présent étant le fruit de nos expériences et actions passées, tout comme il est le point de départ de nos expériences futures.

C’est ce qu’on appelle communément le « karma », sachant que notre futur prend racine dans le présent, lui-même étant le résultat de nos actes passés. Tout ceci est symbolisé par le nœud infini tibétain, dont la forme géométrique parfaite se rejoint en son centre.

Ce principe divin se retrouve dans de nombreuses religions, parfois sous différentes formes.

  •        l’enfer ou le paradis chez les chrétiens catholiques, qui sont la récompense ou la sentence ultime à la sortie           de la vie terrestre, en fonction de ce qui a été jugé de « bien » ou « mal »
  •        la Kabbale chez les hébreux qui adopte ce principe universel de lien de causalité
  •        le Tao des confuscianistes avec sa Loi universelle et sa perpétuelle transformation (cycle des éléments)
  •        l’hindouisme dont est issu le mot Karma qui est le sanskrit signifiant la loi de causes à effets.

Par ce jeu incessant du principe action/réaction se perpétue les renaissances infinies et la souffrance qui en découle.

Sans début ni fin, le nœud infini tibétain désigne également la sagesse infinie du Bouddha, l'union de la compassion et de la sagesse.

 

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Le Kalachakra tibétain

Le Kalachakra signifie littéralement la « Roue du Temps », Kala étant la roue et Chakra le temps.

Pour être au plus près de sa définition, il est préférable de reprendre les écrits du Dalaï lama au sujet de ce symbole.

Selon les textes tibétains, le kalachakra se décompose en 3 parties :

  •        la roue extérieure du temps
  •        la roue intérieure du temps
  •        l'autre roue du temps.

La roue extérieure du temps correspond au monde extérieur, l'environnement, le cycle du jour et de la nuit, les mois et les saisons de l’année.

La roue intérieure du temps correspond au corps humain, les cycles de vie, les cycles du sommeil, menstruels, mais également les éléments et les mouvements du vent qui sont responsables des apparences alimentant notre structure mentale.

L’autre roue du temps correspond à l’initiation et le chemin spirituel de Kalachakra, et les résultats qui en découlent. Il est l’antidote aux influences néfastes des deux autres cycles.

Le Kalachakra a été enseigné le Bouddha Shakyamouni, qui a démontré comment atteindre le parfait Eveil sous l'arbre de la bodhi en Inde, à l'aube de la pleine lune entre avril et mai.

La pratique du Kalachakra est très sophistiquée et complexe, car elle nécessite la purification des deux roues, le stade final ouvrant une voie d’accès unique vers l’esprit de claire-lumière (plan le plus subtil de l’activité mentale) ainsi que vers le corps subtil qui est la forme vide ou forme du Bouddha.

« Le maître mûrit le continuum psychophysique du disciple par le biais des initiations, et le disciple médite sur le chemin qui consiste en stade de développement et stade de parachèvement. De cette façon, le yogi réalise le résultat : le corps de Bouddha qui est l'image divine de la vacuité ; telle est l'autre roue du temps. »